Las maestras republicanas en el exilio

Publié le 30 novembre 2022 Mis à jour le 8 décembre 2022
le 8 décembre 2022
à 13h00
Toulouse - Campus du Mirail
Centre de Ressources des Langues (CRL)

Rencontre avec Carmen de la Guardia Herrero

Professeure d’histoire contemporaine à l’Université Autonome de Madrid et Directrice associée du programme d’Etudes supérieures de la School of Spanish de Middlebury College aux Etats-Unis, Carmen de la Guardia Herrero a publié en 2015 Un exilio compartido (Madrid, Silex), un ouvrage qui retraçait et analysait l’exil aux Etats-Unis de Victoria Kent (Malaga, 1891 ? -New York, 1987), avocate célèbre et figure politique de premier plan en Espagne. À partir d’une documentation privée, Carmen de la Guardia évoque la relation sentimentale entre Victoria Kent et Louise Crane ainsi que le réseau dense établi depuis New York : Victoria Kent y Louise Crane en Nueva York (Victoria Kent et Louise Crane à New York. Un exil partagé).

Avec Las maestras republicanas en el exilio, como una luz que se prende, Madrid, Catarata, 2020 (Les institutrices républicaines en exil, comme une lumière qui prend) Carmen de la Guardia Herrero poursuit ses recherches sur l’histoire culturelle de la politique et les études de genre. Elle s’intéresse ici à ces femmes qui naquirent à la fin du XIXe siècle et qui s’affirmèrent dans la modernité et la transgression afin de bâtir leur destin. Elles vécurent une succession de ruptures historiques et dramatiques : la Grande Guerre, la grippe de 1918, la crise de 1929, la montée des totalitarismes, la guerre civile et une fois en exil, la domination nazie, la Seconde Guerre mondiale, le stalinisme et ses violences.
Pour ces institutrices républicaines qui durent s’exiler, les années de la Seconde République espagnole furent des années de lumière. Elles s’engagèrent et se mobilisèrent en faveur des réformes républicaines qui permirent de nouveaux droits civils et politiques. Persuadées que les lois devaient s’accompagner de profonds changements notamment dans la formation et l’éducation, elles luttèrent pour la liberté individuelle des femmes.
Reconnues comme citoyennes, « elles s’engagèrent dans des associations, des syndicats et des partis politiques, elles se mobilisèrent et portèrent la culture partout sur le territoire, elles vécurent avec enthousiasme ce changement politique et éducatif révolutionnaire » (p. 15). L’exil apporta son lot de souffrances : refuges, camps d’internement, voyages épuisants d’une région à l’autre, d’un pays à l’autre, parfois déportation et retour forcé en Espagne, emprisonnement, vexations, humiliations. Mais la volonté était là : à travers les écoles en exil ou devenues enseignantes déterminées dans les institutions scolaires nationales, publiques ou privées, ces institutrices de la république contribuèrent grandement à la transformation et à l’amélioration de la réalité sociale et éducative.
Le livre de Carmen de la Guardia Herrero veut leur rendre hommage et leur rendre la place qu’elles ont dans une histoire dont elles ont souvent été chassées.

Une rencontre proposée par le Centre d’Études Ibériques et  Ibéro-Américaines (CEIIBA) 

Les étudiant·es du Département de traduction, d'interprétation et de médiation linguistique (D-TIM) proposeront une traduction chuchotée à l'oreille